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LE CHAMPIONNAT DE FRANCE  2007

Samedi 23 Juin 2007 à RENNES

Vélodrome du Cdt BOURGOIN

 

 

C'est sous la menace   des caprices de la météo, qui a contribué, de  par ses inconstances, à  nourrir la tension que génère déjà  tout naturellement un championnat de FRANCE, que s'est déroulée l'édition 2007.

La journée, entamée sur un mode " plan-plan" , s'anime dès l'arrivée au compte - goutte des véhicules des coureurs ... Et l'on n' est pas long à apprendre que François LAMIRAUD, l'un des candidats au titre, ne sera pas finalement pas là ...

La première manche va vite secouer l'indolence ambiante ...
L'entame est violente, lancée façon "chapeaux de roue" par Antoine GORICHON, qui mène derechef la folle ronde.

 

 

 

 Derrière, David DEREPAS monte rapidement en régime, et fond très vite sur un Mickael BUFFAZ pourtant remarquablement dans le coup ...

 

 

Une attaque du néo - Roubaisien, puis une seconde, et l'élégant Mickael doit laisser la voie libre à l'insatiable David, qui arrive vite sur les reins d' Antoine GORICHON. A 63 tours de la fin, la messe est déjà dite, et le sociétaire de l' U.S CRETEIL est "passé" à son tour ... Je ferme les yeux ... On se croirait revenu en 2006, lorsque David DEREPAS avait écrasé la course au titre ...

 

 

Même autorité, même abattage ... Tout doute est balayé : David vient pour défendre son maillot ... BUFFAZ, à distance, tient  néanmoins le choc ... Rien ne sert de brûler toutes ses cartouches : il y a une finale à courir ... Derrière le trio majeur, Martial KNEISKI, "couvé" par Raymond PERSYN, se qualifie en classe confort ... Dans le sillage de son entraineur Belge, il a voyagé en privilégié de l'abri.

 

 

Derrière, au prix d'une farouche lutte, le local Julien ANDRE  arrache la cinquième place à un Olivier EVEZARD terriblement accrocheur. Ce sera insuffisant, hélas, pour passer la rampe des " qualifs " ... Le temps de la manche est pourtant probant : 27' 57" pour les 30 kms ... Et il faut préciser  que le tempo de la course, engagée tambour battant, n'a jamais faibli jusqu'à son terme.

Aussi l'incrédulité va t - elle gagner l'assistance lorsque le chrono de la deuxième manche avoue le temps de 27'34". On n'y croit pas ...

 

 

Car Benoît  DAENINCK a "tourné" autour de ses adversaires, en se règlant sur son seul rythme, sans jamais être poussé à hausser le ton, et sans avoir à affronter  d'autre résistance que celle, sporadique, d' Emilien CLERE ... Sa performance laisse chacun abasourdi  et jette forcément le trouble dans l'esprit de ses conccurents ....  Mais le "show"  de l'homme de l' U.V AUBE ne saurait faire oublier les remarquables prestations de Thomas WASKIEWICZ, dont c'est la première sortie derrière moto, et de Frédéric DENIS. En effet, le premier nommé, devant les yeux d'abord incrédules puis admiratifs du public et du parterre, réussit la gageure de tourner 75 tours durant  ( ou peu s'en faut ) à 50 centimètres du rouleau de la moto de son entraineur LoÏc GUILBAUD, ceci sans jamais lâcher prise ou essuyer un coup de moins bien ...

 

 

Quelle démonstration de force !  Le sociétaire de l' U.S La Gacilly est à l' évidence un futur "client" pour le circuit .... Quant à Frédéric DENIS, qui nous avait séduit à COMMENTRY, il assure, lui, le néophyte, mené de main de maître par Bernard FILIATRE, sa qualification au temps ... Une inquiétude, tout de même, relativement à la paisible course de Jérôme MONTAGNE, qui nous apparait tout de même moins en verve qu'à SAINT DENIS ... Mais peut être cache t-il simplement son jeu ... Pour en finir avec cette revue de détail, notons que la pluie, qui s'est un moment invitée au cours de cette deuxième manche, n'insiste pas, et plie définitivement bagage ....


Il ne reste plus que trois heures (une paille !) à tuer pour arriver à la finale .... Trois heures, c'est beaucoup, surtout pour les coureurs et entraineurs, qui doivent gamberger un brin ... Le public, lui, meuble son impatience en assistant aux démonstrations de vol de rapaces (pas mal, l'idée) et à ses déboires (eh oui, il y a des rapaces pas toujours obéissants), puis à un spectacle musical ... Pour ma part, difficile de  penser à autre chose qu' aux deux manches écoulées, dont les enseignements me laissent perplexes  ...

17 H 30, enfin ...

 

 

Benoît DAENINCK, est en "pole position", meilleur temps oblige ... Derrière lui, David DEREPAS ... Il va se passer quelque chose, je le sens ... Hélas, ce n'est pas un incident mécanique que j'attendais .. Le Troyen est victime d'une tige de selle qui fait des siennes à peine le coup de pistolet du starter retenti ... Inutile de vous dire que la tension monte dès lors d'un cran, et que l'agacement gagne même certains (je ne cafterai pas .. pas de nom, çà ne se fait pas ...) .... Et voici le "vrai" départ, maintenant, un départ inouï : c'est le bras de fer immédiat ! David DEREPAS cherche le K.O moral et lance son énorme braquet pour "piquer" la première position de Benoît. Celui ci, en dépit d'un léger temps de retard, résiste, et c'est un haletant coude à coude de près d'un demi - tour entre les deux hommes, que Benoît DAENINCK va remporter au bout du compte ... Et la suite ne va pas être moins ahurissante ... Le Troyen avale, façon fusée, en cinq tours seulement  Frédéric DENIS puis Thomas WASKIEWICZ ! Et Benoît donne dès alors une impression de puissance maîtrisée, canalisée par la sagesse d' André DERAET ... C'est une ronde fantastique, échevelée ... Cà "pète" de partout en fait, et tous les coureurs sont éparpillés par le rush furieux de Benoît ... Pourtant, Emilen CLERE fait de la résistance ... Mickael BUFFAZ aussi  ...

 

 

Mais, irrésistible, DAENINCK les "oublie" littéralement  ... On nage en pleine fantasmagorie ... Jugez en : à 87 tours de la fin, DAENINCK est déjà sur le dos de DEREPAS, qu'il peut dès lors soit aller cueillir, soit  tenir en joue à distance, loin des turbulences , pour conduire au mieux sa course en tête ... à 84 tours de l'arrivée, du bord de la piste, j'observe pourtant une légère crispation sur le visage du leader, et je ne peux pas m'empêcher de penser : " Est ce qu'il ne fait tout de même pas trop d'efforts ?" ... 2  tours plus loin, il se prend un "éclat", qu'André DERAET ne voit pas, dans un premier temps, et le retour dans son sillage est difficile. Pendant ce temps, Emilien CLERE, qui confirme les impressions laissées par ses dernières sorties, livre une course remarquable, à l'instar de Mickael BUFFAZ.

 

 

Mais en fait, la course est "insuivable" ... Il faudrait pouvoir être attentif aux trajectoires de chacun pour "goûter" pleinement toutes les richesses d' une pareille épreuve ... Et je ne peux à ce moment là m'empêcher de penser en moi-même (c'est la séquence " méditation profonde ") : quelle belle discipline que celle qui peut dispenser autant d' images et d'émotions fortes ... (fin de la séquence méditation profonde)

Benoît DAENINCK adopte désormais une trajectoire déclinante ... Et, à 70 tours de l'arrivée, après Emilien CLERE puis Mickael BUFFAZ, c' est David DEREPAS qui le repasse, et de prendre  ainsi le commandement ...

 

 

Mais, admirable, Benoît ne coule nullement à pic . Il commence même à se
"rebecqueter", lorsque " la Maffre " décide de frapper fort : nouvel incident mécanique .. C'est la roue arrière, qui tourne sur un mode nuisance, qui oblige Benoît à descendre du vélo  ... Arrêt à la volée devant les tribunes ... Vite, le changement de roue ... les tours passent ...

 

 

Cette p... de roue qui ne veut pas sortir des pattes ...  

 

 

 

Le défilé des conccurents qui passent ... la roue, qui reste récalcitrante, comme la bonne étoile de Benoît ...  les adversaires qui repassent .... c'est à pleurer !

 

 

Quand une nouvelle roue est mise, Benoît repart enfin, dégoûté ... le ressort est brisé ... le rêve est passé ... Comme si ce n'était pas assez, au même moment ou presque, le rouleau de la moto de François TOSCANO est en délicatesse. Arrêt précipité du sus nommé, façon " révolte contre l'injustice du sort " puis  nouveau départ, pour une nouvelle course .... Emilien CLERE va dès lors faire vibrer le public (public qui a eu pourtant son content de vibrations jusqu'à lors) par un final plein de rage et d'enthousiasme, poussant ainsi Mickael  BUFFAZ qui le précède et n'entend pas être rejoint  à donner le

 

 

meilleur de lui - même, ce qui a pour directe incidence de contraindre David DEREPAS à conserver un rythme élevé ...

 

 

 Cette délicate situation est gérée le mieux du monde par Bernard FILIATRE, maître - entraineur ... Encore quelques tours d'anxiété, et le sociétaire de ROUBAIX LILLE METROPOLE coupe enfin la ligne, et renouvelle avec brio son bail avec le maillot tricolore  ....  Mickael BUFFAZ fait un splendide second ... Et la joie d' Emilien CLERE fait plaisir à voir : pour lui et son entraineur François TOSCANO, c'est une première : ils ont "fait" le podium !

 

 

Que de belles images ... Antoine GORICHON, quatrième, affiche un peu plus à chacune de ses sorties sa valeur ... Derrière lui, Martial KNEISKI,  le preux, recueille une cinquième place qui n'est pas sans valeur dans une course de ce niveau ... Thomas WASKIEWICZ, qui a trouvé dans la seconde manche ses marques avec le rouleau, confirme avec sa sixième place que nous sommes en présence d'un fameux coureur ... Frédéric DENIS, hélas, n'aura pû quant à lui reproduire l'excellente impression donnée lors des qualifications.  Mais à charge de revanche, car il a lui aussi épaté la galerie ces quinze derniers jours. Enfin, franche déception pour Jérôme MONTAGNE, qui n'a été que le pâle reflet du Jérôme du début du mois de Juin, sur qui j'aurais parié le podium le matin encore ....

 



Tout en nous réjouissant du second titre national de David DEREPAS, nous aurons évidemment une pensée pour le héros malheureux du jour, Benoit DAENINCK qui, depuis trois éditions  " tourne autour " du titre, et qui finira forcément par le décrocher un jour  ...

Quoiqu'il en soit, on n'est pas près d'oublier les raids tonitruants qu'il a accompli ce samedi 23 Juin à RENNES, un jour de Championnat de FRANCE

 

 

Merci à Eddy et Hervé LAVIGNAC pour leur aide photographique

© 2008