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LE QUID DU DEMI - FOND  
 

LE QUID DU DEMI - FOND ou

"  C’EST QUOI, LE DEMI – FOND ? "

 Document élaboré par Patrick POLICE

avec la collaboration de Mr Jean COURT

 

 

 

Rappel Historique

 

 

Depuis les origines de sa pratique, le coureur cycliste a été confronté aux contraintes de la résistance de l’air, et il n’a pas été long à saisir la nécessité de l’abri pour optimiser sa dépense d’énergie et sa vitesse.

 

Par ailleurs, pour briser la monotonie des épreuves de long kilométrage, et les rendre plus spectaculaires,  les organisateurs ont vite pris le parti d’allonger leur durée et leur rythme en donnant aux coureurs des « entraineurs ».

 

Et c'est ainsi que, dès la dernière décennie du 19è siècle, les modes d’entrainement ont fait florès : entrainement humain,     d' abord (tandems, triplettes, quadruplettes principalement, )

 

photo collection Erik VAN HERK

 

Vers la toute fin du dix neuvième siècle, la recherche de la plus grande vitesse possible va  tout naturellement amener le sportsman d’alors à rechercher l'adoption d' un mode d’entraînement mécanique, à terme moins coûteux, car un bon service d’entraînement humain était ... onéreux.

 

Par ailleurs,  ne perdons pas de vue que cette époque est celle d’un âge pionnier : invention de l’automobile, de la motocyclette, puis débuts de l’aviation à peine quelques années plus tard, à l’aube du 20è siècle.

 

En Avril 1896, le français PINGAULT invente le tandem électrique … Sur la piste, c'est un spectacle incroyable : les triplettes et quadruplettes sont dépassées en silence ... le seul élément bruitif étant le son de la transmission secondaire par chaîne dont est doté l'engin ...  En Juillet 1897 est expérimenté une triplette électrique !  Mais des problèmes de fiabilité et d’autonomie liés à cette technologie (toujours irrésolus à ce jour)  vont précipiter l’apparition d' un autre système d'entraînement ... Le tricycle à pétrole, instable, dangereux même en virage, sera vite délaissé au profit du tandem à pétrole, qui récupère au passage son moteur  240cc, bien suffisant à lui assurer une vitesse de croisière permettant de s'attaquer aux records ... 

 

l' Allemand Taddeus ROBL et son célèbre tandem à pétrole

 

Le conducteur du tandem adopte une position de recherche de vitesse, tout en pédalant, son compagnon lui se postant le plus en arrière possible en recherche d'abri maximum pour le coureur qui le suit, tout en pédalant et contrôlant la bonne marche du moteur ... Le règne du tandem à pétrole durera de 1898 à  1903, (1901 en FRANCE, où l'on sera plus prompt à adopter les petites motocyclettes équipée de rouleau à l'arrière comme mode d'entraînement).

 

 C’est la motocyclette (n’oublions pas que les premières motocyclettes ont vu  le jour en 1897 - le terme "motocyclette", du moins)  donc qui va petit à petit s’imposer,  au fur et à mesure qu’elle développera sa fiabillité.

 

photo collection  Erik VAN HERK

 

 Vers 1898, le mode d’entrainement mécanique s'est donc substitué à l’entrainement humain, et le titre national par exemple, va désormais se disputer derrière engins motorisés ( malgré un bref retour à l’entraînement humain en 1901) .

 

 

Toujours obsédé par la recherche de la plus grande vitesse possible, les coureurs et entraineurs vont à cette époque donner libre cours à leur imagination.

En 1902, c’est l’ apparition des coupe-vents formant abri, qui deviennent parfois de véritables guérites. Certains vélos de stayer ont une petite roue avant qui arrive à être encastrée entre les pédales !  Parallèlement et consécutivement , les motorisations sont de plus en plus poussées (apparition des "grosse motos" avec deux cylindres en V). 

 

photo collection Erik VAN HERK

 

Dans ce contexte, c’est une véritable course à la mort qui s’engage,  dont les excès vont être progressivement gommés, au fur et à mesure des drames survenus sur la piste : interdiction en 1904 du coupe-vent, éloignement du rouleau de la moto pour diminuer la vitesse du cycliste, adoption d’un casque protecteur (dès 1904 aux ETATS-UNIS suite à la mort    d' Harry ELKES).

 

 

On peut avancer que  dès l’année 1905, les bases de la discipline, telle que nous la connaissons aujourd’hui, sont fixées pour le siècle à venir. Il est piquant de relever que, même avec le développement de l’automobile, cette dernière n’a jamais été préférée à la motocyclette, même pour nombre de  tentatives de records de vitesse.

 

Ici, le record de BRUNIER derrière moto carénée

 

Et depuis, malgré l’évolution du progrès technique, ce mode d’entrainement n’a jamais été remis en question, même si des esprits malins ont tenté de mettre fin, au crépuscule du vingtième siècle,   à l’existence de la spécialité elle-même !

 

 

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1.    C’est quoi le demi – fond ?

 

Le demi – fond est une course dans laquelle chaque coureur roule derrière un entraîneur à motocyclette.

 

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2.    Le mode d’entrainement : la moto

 

Les motos doivent être de même marque, type et série,

et être équipées de manière identique.

En conformité  aux prescriptions de l’ U.C.I, sa motorisation doit se situer entre 500cc minimum  et 1000cc maximum.

Le moteur ne peut être que de type vertical (les moteurs « flat twin » (type BMW) ) sont interdits.

de drôles de selles pour ne pas s'asseoir ...

 

Les dimensions :

-          largeur du guidon : 0,70 m

 

-          largeur des repose pieds : 0,63 m

 

 

-          largeur du rouleau : 0,60 m

-          hauteur : 0,335m du sol

 

La distance entre l’axe de la roue arrière et le rouleau est de 600mm minimum et 800mm maximum. Mais il arrive que, suivant la conformation de la piste, l’on soit amené à dépasser ces distances. Ce sont le président du jury et l’arbitre de demi-fond qui décident de régler la distance de ce rouleau à plus de 60cm selon la vitesse permise sur le vélodrome.  

 

ici, le rouleau est carrément à 1m20 !!!!

 

 

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... j'allais oublier :  l'échappement libre ... sans lui, pas de magie !

 

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3.    Le vélo

 

 

Il n’existe plus de réglementation relative à la bicyclette du stayer.

 

vélo de stayer en 1903

 

Toutefois, tout un chacun peut relever, à l'observation du vélo du stayer,  la présence des équipements suivants :

-          une fourche inversée, pour éviter la chute quand le coureur touche le rouleau,

-          deux roues  équipées  de boyaux entoilés, (dans la réglementation UCI de 1975 par exemple, l’entoilage total des deux roues étaient exigé – deux bandes de toile passant par-dessus la jante ou elles se joignent)

 

 

-           guidon renforcé par une tige

 

 

-           selle renforcée par une entretoise 

 

 

En ce qui concerne le diamètre de la roue, la réglementation générale FFC spécifie pour les bicyclettes un diamètre maximum de 70 cm et minimum de 55 mm. Les roues avant des vélos de stayer sont de ce dernier diamètre.

 

 

Le port du casque est obligatoire (le demi-fond est, à ma connaissance,  la première discipline de la famille cycliste a avoir imposé le port du casque, et lui au moins avait de bonnes raisons pour ce faire)

 

 Ce sont le président du jury et l’arbitre de demi-fond qui décident  éventuellement de   la limitation du développement.

 

 

pas de blocages rapides en demi - fond ... des boulons, c'est plus sûr

 

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4.    L’entraîneur 

(le « pacemaker » : littéralement :

« le faiseur d’abri »)

 

photo L. GUILBAUD

 

 Il « brise » l’air avec sa poitrine et le coureur peut se loger dans le « trou d’air » situé derrière la moto.  Il n’est pas exagéré de dire qu’un très bon entraîneur compte pour moitié dans la performance accomplie par son coureur. A tout le moins, 30 %, ce qui n’est pas loin du gain apporté au coureur par l’abri lui-même.

 

 

Il   est obligé de tenir son guidon à deux mains, sauf pour procéder au règlage de son moteur, ou en cas de danger.

 

 Son  équipement doit être identique à  celui de ses collègues et permettre au minimum une protection physique  équivalente à ceux de la réglementation UCI  ( je vous fais grâce de          celle-ci… ) 

 

Il lui est interdit d’ajouter des éléments vestimentaires supplémentaires pour offrir un surcroît d’ abri.

 

 

5.    Le coureur (le « stayer » : littéralement  « celui qui reste dans l’abri »)

 

photo Didier GUERIN

 

Il doit rechercher la position le plus en avant possible, dans la limite bien sûr de la réglementation, savoir économiser ses forces, produire ses efforts à bon escient et éviter les remous. Bien entendu, il doit aussi dans sa trajectoire, prendre la mesure du « vrai » vent qui balaie la piste. 

 

 

Les qualités requises :

-          savoir rouler sur la piste (pratique des courses sur vélodrome)

-          tourner les jambes en souplesse, vitesse de jambes,

-          résistance, vitesse, rythme cardiaque

 

photo L. GUILBAUD

 

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6.    La piste

 

La vitesse pouvant être réalisée doit toujours, sous peine de devenir dangereuse, être proportionnée à la conformation de la piste, à sa largeur et au pourcentage du relèvement des virages.

 

 

Une ligne bleue dite «  ligne des stayers » (anciennement appelée « corde des stayers », elle a été inventée par Georges PAILLARD et Victor LINART) est tracée à une distance qui ne peut être supérieure en aucun cas au tiers de  la largeur totale de la piste.

 

 

 La partie restante doit permettre dans sa largeur restante le passage de front de trois adversaires 

 

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7.    La course

 

Elle se déroule en une ou plusieurs manches :

-          soit sur une durée déterminée

-          soit sur des distances à définir : 15, 20, 30, 50, voire 100 kilomètres

 

En principe, dans la majorité des cas, la position des coureurs au départ de chaque épreuve est déterminée par tirage au sort sur la piste même et l' ordre de départ des coureurs est inverse dans la deuxième manche à celui de la première.

 

 

Le départ est donné par le starter, au moyen d’un  coup de révolver. Les entraîneurs entrent en piste sans les coureurs, qui sont alignés en file indienne, aux mains de leurs "teneurs". 

       Un tour après, les coureurs doivent avoir pris le sillage de l’entraîneur.

 

Est interdit :

- pour un coureur doublé « d’arrêter » un concurrent.

- de rouler à l’extérieur de la ligne des stayers, sauf pour se porter à droite du coureur en cas d’attaque.

- le passage à quatre coureurs (afin de permettre le passage de front de trois coureurs)  

 

En cas de panne ou d’accident, la course est neutralisée pendant le nombre de tours complets se rapprochant le plus de la distance de 1 500 mètres, sauf dans les cinq derniers tours, ou dans la dernière minute, où le coureur est dernier car pour pouvoir être classé, le coureur doit obligatoirement passer la ligne d'arrivée.

 

Si la piste est impraticable, la course est arrêtée et suivant la distance parcourue, existent trois possibilités :

 

1 - dès que possible un nouveau départ est donné

2 - un nouveau départ est donné sur les positions acquises au moment de l'impraticabilité

3 - le résultat est acquis

 

L’arrêt de la course est signifié par un double coup de  révolver.

 

 

Nota Bene : signification des avertissement éventuellement dispensés pendant la course par les commissaires de piste :

- avertissement : drapeau vert

- avertissement avant mise hors course : drapeaux vert et jaune ensembles

- mise hors course : drapeau rouge  

 

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7.    Les tactiques

 

Le tour aux balustrades :

Il a pour effet de réduire l’effort du démarrage.  Il consiste pour l’entraîneur de monter peu à peu aux balustrades tout en se maintenant à la même distance  de l’adversaire, puis à descendre à la corde, tout en évitant les effets des remous d’air de l’équipage précédent

 

Le virage en œuf à la coque :

ll a pour effet de supprimer l’effort du stayer dans le virage . 

L’ entraîneur  monte légèrement en attaquant le virage, pour replonger à la corde à la sortie du virage.

Il est interdit car s'il a pour effet de supprimer l'effort du stayer dans le virage, il permet surtout de rendre impossible le dépassement par le concurrent

(le passage à la corde est interdit) 

 

 

Le  coup de vent : 

Il a pour effet de faire décoller l’adversaire

L’entraîneur se place à la hauteur du rouleau de l’entraineur adverse et s’y maintient.

 

 

Partir « en dessous » : 

a pour effet de surprendre l’attaquant

En position de tête, rester « en dedans de son action » ; se laisser volontairement rejoindre en marquant une résistance raisonnable pour épuiser l’attaquant,  puis démarrer lorsqu’il arrive à votre niveau

 

Le sprint :  

a pour effet de surprendre l’adversaire attaqué

Démarrer brusquement  et foncer sur le rival à la plus grande vitesse possible,  empêchant ainsi toute réaction de sa part

 

L’usure  :

«  anciennement appelée « tactique du crocodile » :  

a pour effet de fatiguer l’adversaire placé au commandement de la course en le "poussant" sans l' attaquer franchement 

 

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