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GOOD FRIDAY - Vendredi 21 Mars 2008.
En exagérant un peu, chercher le vélodrome de HERNE HILL, c'est un peu comme celà : on chemine dans un alignement de rues d’un quartier cosy, on croit à chaque pas devoir être obligé de rentrer chez quelqu’un pour acéder à l'enceinte du vénérable anneau, on s’imagine presque avoir à pousser le portail d' un jardinet, et puis, voilà, au détour d'une nième rue on découvre le chemin étroit qui mène au vélodrome …
La météo ? Elle est du genre funeste … Les Londoniens ont vu la pluie battre leurs carreaux la veille, et pour ceux qui viennent à la grand’ messe du GOOD FRIDAY de tous les coins de l’ ANGLETERRE, il ne faut pas être grand clerc pour prévoir qu’ils ne feront pas cette fois le voyage jusqu’ à la piste londonnienne …. Et, comme si la coupe n’était pas assez pleine, il faut compter avec la concurrence des championnats du monde à MANCHESTER, qui vident de leurs meilleurs éléments le peloton des pistiers britanniques …
Mais une note d’espoir vient tout de même éclaircir ce sombre tableau … Le jour se levant, force est de constater qu’il ne pleut pas, même si un froid mordant, accentué par un vent vif, balaie les rues … On peut penser que les dieux de la piste vont veiller sur le GOOD FRIDAY …

Une assistance courageuse, stoïque sous les frimas, inaltérablement enthousiaste, bref le genre de celle qui ferait le bonheur de n’importe quel organisateur en France, garnit peu à peu les tribunes et le pourtour du vélodrome … Dès lors, le doute n'est plus permis : même par ce temps éprouvant, le GOOD FRIDAY restera la fête du VRAI vélo …
Et les épreuves de s’enchaîner sans accroc ni contretemps jusqu’au tournoi de demi -fond…
A ce moment, le speaker local fait habilement « monter la sauce », et une rumeur enfle, au diapason du bruit des échappements des TRIUMPH Thunderbird ... Ici aussi, le public ne demande qu’à s’enthousiasmer pour les stayers, à l’évidence ..
Avant que l’enceinte ne baigne tout à fait dans le vrombissement des motos, je procède à une rapide revue de détail : Tim VAN DER ZENDEN, présent l’an dernier, n’a pas fait le voyage, et est remplacé par son compatriote Patrick BESTERMAN, qui accompagnera son compatriote Raymond ROL ….GAUDILLAT père et fils assurent la présence tricolore, le Belge Edwin SMEULDERS et les allemands FERNOW et SHOLZ complètant la distribution. Quant à la délégation britannique, elle s’honore de présenter James HOLLAND LEADER et Simon GAYWOOD, dont nous aurons à reparler plus loin …
Le vent furieux dresse un véritable mur sur l’interminable ligne d’arrivée, et nonobstant, les débats s’engagent timidement …

L’ entame est gentillette, propre à chauffer en souplesse les muscles engourdis par la froidure … Le stayer Hollandais BESTERMAN, le genre « routier », tête rentrée dans les épaules, s’asticote gentiment avec James HOLLAND LEADER, avant que Raymond ROL ne vienne assurer le train à l’avant, sans que cela fasse délirer de joie un public qui mériterait mieux, il faut le reconnaître …
Je fais en passant un constat : les deux coureurs britanniques paraissent être tout sauf des « figurants » et ils sont on ne peut plus à la hauteur des débats … J’en fais un deuxième au passage, Florian FERNOW a l’air de "faire de la patinette", tout d’élégance et de décontraction, à la limite de l'indifférence …
Puis, enfin, l’affaire s’emballe, sous l’impulsion du néophyte Antoine GAUDILLAT, qui, curieux de voir comment çà se passe à l’avant, se permet une jolie remontée, en « oubliant » au passage le champion d’ Europe (çà fera une photo-souvenir flatteuse pour l’album de famille) et vient attaquer Raymond ROL, qui jusque là assurait le rôle de chef de meute ... La remontée de notre compatriote est saluée comme elle le mérite par l’assistance, qui aime les audacieux …
Enfin, la ronde se débride, car la poussée du coureur français a donné des idées aux locaux et a mis la course sur les rails. Du coup, le champion d’ Europe en titre et le stoïque Florian FERNOW se réveillent enfin et remontent fissa la file des stayers …

L’ excellent public Londonien va en avoir dans les minutes qui vont suivre pour son argent (12 £ l’entrée, je vous le dis au passage) car c’est l’inattendu Simon GAYWOOD, qui va venir déloger les ROL, SHOLZ et consort de la position de tête … Inutile de vous dire que çà gronde désormais furieusement dans et autour du vélodrome, et que l’ on commence à taper fort sur les panneaux d’enceinte, le speaker excitant comme il se doit tout ce beau monde … Ah, la belle ambiance, mes amis !!! Simon GAYWOOD pousse le toupet jusqu’à résister au retour de Timo SHOLZ, qui ne peut pas se permettre, même en sa qualité d’invité respectueux des usages, de ne pas rappeler son statut ! Dans l’ ultime virage, GAYWOOD perd le sillage de son entraîneur Derek MARLOW, mais il se sort les tripes pour faire le sprint seul, « plein vent debout » … Ce faisant, il dépasse même un temps sa moto, et il va se battre comme cela jusqu’à la ligne !!!
Ah, le brave garçon ! Imaginez un peu l’ambiance côté tribunes ! C’est l’ ovation format « XXL » pour le coureur anglais, avec rappel et tout et tout …
Et puis, comme l’on sait recevoir à LONDRES, et que la course a été belle, on dispense un solide rab de bravos au vainqueur, Timo SHOLZ …

Le protocole du podium achevé, la pluie s’invite furtivement, puis, magnanime, laisse la course scratch (1 000£ au gagnant, çà motive) se dérouler jusqu'à son terme … A peine fini le cérémonial, le ciel ouvre ses vannes, plein pot : pluie et grêle mêlés …

Quelques instantanés de bonheur cycliste et de vrai vélo, un vendredi à HERNE HILL … Les dieux de la piste ont bel et bien veillé jusqu’ au bout sur le GOOD FRIDAY …
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