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Mickael BUFFAZ

F.D.D.F : " Alors, racontes nous cette drôle de journée …"
M.B : " Ce matin, quand je suis parti faire un pseudo-échauffement, j’ai senti que les jambes étaient là. J’étais vraiment content et en plus le paysage superbe sur les routes derrière l’hôtel et le beau temps pendant cette heure et demie ... C’était magnifique …
Ensuite, dans la demi-finale, c’était … l’extase ; j’ai « survolé » et tout s’est bien passé … Donc, on est toujours dans la satisfaction.
Arrive la finale, et là, gros moment de désillusion quand j’ai vu David DEREPAS me dépasser dès le premier tour . Là, j’ai rien pû faire … J’ai vu que je ne pouvais pas résister à son assaut et ensuite, on a esayé par deux fois de revenir sur lui, sans résultat, car j’ai « sauté » à chaque fois …
Là, gros moment de doute, qui va durer en gros du trentième au centième tour, car là, j’ai vraiment pensé que je ne me battais plus que pour la deuxième place ; Et c’était vraiment dur, parceque je n’étais pas là pour çà. C’était vraiment rageant de me dire çelà.
Et puis, il s’est passé une somme de « trucs », de petites choses avec une personne en bordure de piste et j’ai eu alors un petit « déclic », çà m’a remotivé, « regonflé ». Je ne sais pas trop comment l’expliquer. J’ai senti que les jambes « revenaient », que j’avais comme un second souffle. Çà ne m’était jamais arrivé avant en demi-fond. En effet, tu as toujours l’impression, quand tu es parti à cette vitesse là, que tu ne peux pas « repartir ». On est tellement à des fréquences cardiaques hautes que l’on ne peut pas avoir de second souffle. Eh bien là, j’ai senti que je récupérais … c’est dingue …Marc et moi on a compris en fait, quand on revenus sur DEREPAS sans avoir accéléré . Du coup, j’ai retrouvé un moral d’enfer.
Marc me dit : « Alors ? » Et là j’ ai dit : « Allez ! » (dans ces moments là, difficile de tenir une conversation plus riche – n.d.l.r). On arrive à côté de David et Bernard … On passe à leur hauteur …Et là, Marc fait encore son grand jeu de technicien auquel je ne comprends rien, je te l’avoue … On est resté pendant un tour entier à côté de lui, et c’est ce qui lui a causé beaucoup de remous … On passait de 70 à 60 à l’heure … Son entraîneur n’a pas pû ainsi se sortir du « piège » tendu par Marc.
Après, j’ai vu qu’il perdait le rouleau .. Marc se retourne alors vers moi .. Il me dit d’y aller , et là, on est partis, et dans l’espace d’un tour, on lui a mis un demi-tour et après, c’était fini … Mais là, on pense à tout, vraiment à tout ce qui pourrait arriver : pourvu que le rouleau ne se décroche pas … que je ne crève pas …
La détente n’est venue qu’à un tour de la fin … J’ai dit à Marc : « on arrête … je peux plus rouler … j’ai plus envie. Et je finis avec lui, à côté de la moto …. "
F.D.D.F : " Mickael, je ne te demande pas si tu es heureux ce soir … çà crève les yeux … "

Marc PACHECO
F.D.F.F : " Après Mickael, dis moi Marc, en ta qualité d’ entraîneur, comment as-tu vécu cette course ?"
M.P : " Le premier temps fort, il est venu après … 50 mètres, quand je me suis aperçu que David DEREPAS derrière voulait absolument passer dès le départ. Après, j’ai mis un peu les chevaux à la moto pour résister … Mais quand j’ai vu qu’il partait vraiment vite, j’ai compris que çà hypothèquait un peu trop les chances de mon coureur. Comme Mickael avait le plus gros braquet, je me suis dit : « je vais laisser passer » (on me l’a même reproché).
Mais le demi-fond, çà se gère avec de la patience. Jean COURT me l’a assez dit : " soit patient … Un grand entraîneur, çà doit attendre". Donc, j’ai roulé derrière, en me calant sur son allure. Je roulais même un peu moins vite, puisque son entraîneur était en haut et moi en bas ; comme on était à la même vitesse, je faisais ainsi moins de chemin que lui, donc je fatiguais moins mon coureur. Après, j’ai vu qu’à chaque fois que l’on rentrait dans les remous des doublés sans accélérer et que je me retrouvais sur eux. J’ai pensé alors qu’il avait un problème quand il arrivait dans les remous.
On a tenté une première attaque, elle était je pense trop précipitée, il y avait trop de remous à l’endroit où je suis venu attaquer, et c’est Mickael qui a dérouillé … On a décidé alors de laisser filer devant, et il nous a pris un bon tiers de tour …Et là, je me suis dit : je vais le relancer. Je l’ai « reposé », Mickael, je l’ai remonté en haut de virage, et lui ai donné ainsi deux descentes par tour, et jà, j’ai mis le compteur à 85 …
On a commencé à revenir …Et d’un seul coup, voilà que l’on se retrouve à revenir très vite, en un tour. Dès lors, on a ralenti un peu, on a attendu qu’il arrive dans les doublés pour, en se mettant à côté de lui, rajouter encore aux remous … Et çà a marché comme çà … J’ai dit à Mickael « Allez, on y va ! » …

Et il a pris un demi – tour sur un tour. Après, je l’ai ralenti un petit peu pour le reposer, et, à la fin, on a accéléré un petit peu, dans l’espoir de se faire plaisir en prenant un tour. Mais comme David DEREPAS est un excellent coureur, il n’a pas « pris » ce tour. Bravo à David, il a vraiment bien défendu son titre. Disons qu’il a eu un passage à vide comme Mickael en a eu un, mais lui, il l’a eu au mauvais moment, celui ou Mickael est revenu « en pleine bourre ». Ca a été tactique aussi avec son entraîneur …D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que çà arrive : avec Samuel DUMOULIN à VANNES, j’avais fait la même chose …
Laisses moi te dire aussi que je suis particulièrement heureux parce que, avec Mickael, c’est un peu "fusionnel", je le connais et le suis depuis si longtemps …

Enfin, je tiens à ajouter ceci : je suis content de constater la présence aux 3è et 4è places de deux garçons de vingt ans …
C’est de bon augure pour la discipline … "
Raymond PERSYN
F.D.D.F : " cette association PERSYN / GORICHON, çà date de quand ? "

R.P : " Hervé (Hervé DAGORNE – Responsable National du Demi-Fond - n.d.l.r) m’avait demandé celà, il y a quelques mois déjà, et j’avais dit oui alors, comme je connais Antoine depuis l’année dernière.
J’ai vu que c’était un bon coureur, et je l’ai revu cette année pour la première course de demi-fond à CHATEAUBRIANT.
Là-bas, il n’était pas à son niveau, il était déçu et désappointé …
Je l’ai calmé, je lui ai dit : « te tracasses pas, le championnat de France, c’est dans trois semaines … »
On s’est donné rendez-vous hier (vendredi) soir … Sur la piste de LA ROCHE, on l’a testé un peu pour décider le choix du braquet à adopter pour aujourd’hui (samedi).
F.D.D.F : " Antoine, comment tu le vois ?"
R.P : " Pour moi, c’est un futur champion de France …
Tiens, comme on a vu aussi un très bon Antoine GAUDILLAT, un garçon qui apprend le métier petit à petit, mais je tiens à dite que dans les années à venir, on va entendre parler de lui …
F.D.D.F : " Raymond, c’est une première pour toi, un podium aux championnats de France ? "
R.P : " non, c’est le deuxième. Une deuxième place à LYON avec Anthony GILLOT; donc, j’ai une médaille d’argent, une médaille de bronze … Je dois continuer encore un an, je pense … "
Antoine GORICHON
" On était partis avec Raymond pour faire le podium. Mickael et David étaient un peu « au dessus du lot »..
A CHATEAUBRIANT, çà n’avait pas marché, et je me posais un peu des questions. A SAINT DENIS, çà allait mieux, et j’ai repris confiance. La qualification s’est bien passée, sans efforts inutiles.
En finale, ça s’est bien goupillé. Raymond a été parfait, et comme j’avais les jambes …
Je suis super-content : une place de mieux que l’année dernière. Espèrons que çà se passera comme çà d’année en année ..."

Emilien CLERE
F.D.D.F : " Alors, comment çà s’est passé pour toi, aujourd’hui ? (en recopiant, je me rends compte combien cette question est naze … Excuse moi Emilien)
E.C : " J’étais pas dans un bon jour. Je suis blessé à la selle. J’ai pas mal souffert. En série, c’était pas trop long, et c’était supportable, à part les 10 dernières minutes, où j’ai dû serrer les dents. Mais sur 50 kms, çà ne pardonne pas …J’ai peut être aussi commis une erreur de braquet, en voulant mettre un peu plus gros pour la finale. Au bout du compte, je ne suis pas arrivé à l’ emmener "
F.D.D.F : " Et tu as tenté de suivre le départ fou de DEREPAS ?"

E.C : " Oui, j’étais troisième derrière DEREPAS et BUFFAZ pendant une bonne trentaine de tours … J’avais mis deux cuissards et çà a commencé à piquoter …çà, rajouté à la pression d’ Antoine GORICHON qui était derrière moi, au bout d’un moment, j’ai été obligé de laisser passer … "
Bernard FILIATRE

" Ce qui a manqué à David, c’est pas grand-chose …
C' est, comme l'a fait Mickael, des efforts accomplis en compétition dans de grandes épreuves sur route …
BUFFAZ sortait d’un Tour d' Italie éprouvant, et c’est çà qui a au bout du compte fait la différence …
Les scéances derrière derny ne peuvent pas remplacer la compétition …"
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