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| COUERON ET PLOUZANE : LE REPORTAGE - PHOTO |
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| LES VELODROMES ... EN PISTE - LURCY LEVIS |
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| CA C'EST PASSE SUR L'AUTODROME DE MONTHLERY |
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| EUROPA CUP DERNY (COUPE D'EUROPE DE DERNY) |
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| FRANCE DERNY & DEMI-FOND : KEKSEKESA ??? |
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| DANS LE RETRO : BORDEAUX-PARIS 1934 |
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| INTERVIEW : MARTIAL & MORGAN KNEISKI |
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| CHAMPIONNAT D' EUROPE 2007 DEMI FOND |
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| THE VISITOR'S BOOK ( LE LIVRE D' OR) |
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DANS LE RETRO : AUBERT WINSSINGUES |
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AUBERT WINSSINGUES, par Patrick POLICE
Comme je vous l'ai annoncé dans l'éditorial, je tenais à ce que ce portrait d'Aubert WINSSINGUES figure dans cette édition de la renaissance.
Plusieurs raisons à celà ! La première, ce fut le choc que constitua pour moi la découverte de l'existence de ce coureur, en parcourant le superbe ouvrage de Pascal SERGENT "Le Cyclisme Nordiste" (éditions Alan SUTTON). Le charisme qui se dégage de la physionomie du coureur nordiste, l'aura émanant des photos prises en course, la superbe de sa trajectoire, la tragédie qui la conclut, tout était réuni pour m'impressionner durablement ...
Je vais tâcher de vous faire partager cette impression. Et si la lecture de ces lignes appelle pour vous des témoignages, des réactions, je serai fort aise de les recevoir, et de les reproduire dans la prochaine édition.
Aubert WINSSINGUES est né le 24 Juillet 1906 à ROUBAIX. Il est le dernier d'une fratrie de huit enfants. Il va résider sa vie durant dans sa bonne ville de ROUBAIX, rue de Lille, au cour Tanchou, lieu dit "Octroi de Roubaix". Marié à Jeanne BREYNE, ils auront un seul enfant, un fils, Roger, qui verra le jour le 12 Juillet 1929.
" Faciès aimable mais sérieux. Des yeux intelligents, un corps d'athlète aux lignes pures ... Attentif, il avait, tout de suite, discerné sa voie. Travailleur, il avait conçu le plan des laborieux à l'esprit subtil. Coureur cycliste ? Sans doute, mais la carrière est encombrée et il voulait sortir, s'imposer, s'affirmer. Le cross cyclo-pédestre l'attira ... Il se mit au travail avec assiduité, son sérieux et son application portèrent rapidement leurs fruits ... "
Ainsi la presse de l'époque dépeint elle notre homme, qui, plombier de son métier, récolte durant sa trop brève carrière près de 200 victoires sur route.
Il cultive une adresse hors du commun en s'entrainant à courir sur les rails du tramway, sous les yeux des roubaisiens ! Excellent routier, très bon pistard, c'est, comme beaucoup de ses pairs de l'époque, un touche à tout du cyclisme. En 1928, il se signale à l'attention en animant une échappée dans le Circuit Franco-Belge, où il donne des sueurs froides aux pros. En BELGIQUE, il est déjà considéré comme un sérieux "comingmen", un futur bon ... Et quand il se mettra à écumer les régionales de cyclo-cross, ses performances dans cette spécialité lors de la saison 1929 vont attirer l'attention des connaisseurs.
La presse sportive nationale de l'époque, dès lors avisée, salue sa performance, lorsqu'il prend en Mars 1930 la troisième place du championnat de FRANCE de cross cyclo-pédestre, derrière un autre nordiste, son camarade Henri DECONNINCK et l'intouchable Camille FOUCAUX. Elle indique que, avec une paire de coureurs pareils, le Nord apporte là deux hommes "d'excellente classe".
1931 sera la saison de la confirmation : le 24 Février, il franchit le premier la ligne du championnat de France Inter Clubs couru à MONTHLERY devant ... Henri DECONNINCK. Succès pour leur club, les Halles Sportives Lilloises ... Il termine ensuite 5ème du Championnat de FRANCE individuel.
Et en 1932, il "explose" aux yeux du grand public : il "bisse" aux interclubs, toujours devant son compère Henri DECONNINCK.
Le Nord dispose désormais d'un sacré "carré d'as" : derrière WINSSINGUES et DECONNINCK, arrivent en effet deux "clients" : le Lillois André VANDERDONCKT (qui deviendra champion de FRANCE de cross cyclo-pédestre en 1933) et le lensois Charles VAAST, champion de FRANCE en 1934 de cette même spécialité et "Champion du Monde" 1939. Quelle extraordinaire génération !
Sa prestation du championnat de France interclubs a tant impressionné, qu'il est annoncé comme favori du Critérium International Cyclo-Pédestre ( qui constituait alors l'officieux championnat du Monde de la discipline)
Et, le 7 Février 1932, Aubert WINSSINGUES va définitivement marquer les esprits, et de quelle manière ... Il remporte en effet l'épreuve en surclassement : départ à bloc en tête, descente du fameux "Trou du Diable" à vélo (le seul à pouvoir réaliser cette prouesse), et pour finir, record de l'épreuve battu en 44'42" ...

la photo qui a construit sa légende : la descente à vélo du fameux "Trou du Diable"

l'année suivante, le vainqueur, le Belge SEYNAEVE, le descend à pied ...
Ses conccurents sont abasourdis, les Belges et les Luxembourgeois surtout, qui doivent se contenter des accessits. Aubert a même réussi à impressionner le maître de la spécialité, Camille FOUCAUX. La presse de l'époque décrit Aubert WINSSINGUES comme un coureur "nerveux", "souple", "résistant", "adroit", un "véritable acrobate".
Au championnat de FRANCE, disputé à FONTAINEBLEAU le 13 Mars 1932, il ne peut pourtant rien contre un Camille FOUCAUX assoiffé de revanche, mais non sans avoir emballé la course, l'avoir animée par des attaques répétées, et c'est seulement dans l'ascension finale de la côte pavée qui mène de La Table du Roi à la Table du Grand Maître, qu'il cède au terme d'une lutte farouche avec "le crocodile" FOUCAUX qui enthousiasme le public et la presse.

Ici à Fontainebleau lors du championnat de france derrière Camille FOUCAUX, il ajuste sa casquette
On le reconnaît dès lors comme un véritable espoir, et on lui prête en ce mois de Mars 1932 l'intention de s'aligner dans les grandes classiques réservées aux Indépendants : Paris-Evreux, Paris-Rouen, Paris-Reims ...
Et puis, un évènement va bouleverser le fil de sa carrière. En Mars 1932, est inauguré le vélodrome du Croisé Laroche. Situé sur le territoire de MARCQ EN BAREUL, à proximité de la capitale des FLANDRES, il est l'outil espéré par tous les amateurs de cyclisme de l'agglomération de LILLE, ROUBAIX et TOUCOING.
Aubert est l'un des premiers assidus à l'entrainement sur ce nouvel anneau. Henri WALLIEZ, ancien sprinter et directeur du Vélodrome du Croisé-Laroche et le coureur Maurice BOUCHER, qui regardent Aubert tourner sur la piste, vont être les instruments du destin. Leur raisonnement est le suivant : le cyclisme sur route et sur piste est encombré, pas le demi-fond. Il faut, pour courir derrière motos, des qualités physiques, du sang froid, de l'intelligence, toutes qualités qui sont l'apanage d'Aubert. Ainsi, Aubert WINSSINGUES va t-il être aiguillé sur cette voie dans laquelle il doit normalement briller, compte tenu de ses possibilités.
Par ailleurs, aux côtés des pros et au sein de l'équipe LUTETIA - WOLBER, avec notamment le champion nordiste Albert BARTHELEMY et de ... Henri DECONNINCK, il participe au Critérium National, le premier du nom, puis à PARIS-ROUBAIX.
L'avenir s'annonce riche en promesses pour lui lorsqu' il participe sur le vélodrome du Croisé Larioche à MARCQ EN BAREUIL, le Dimanche 29 Mai 1932 ,au "Grand Prix des Comingmen", où il doit affronter le Parisien Maurice BONNEY et l'Italien MARCHETTA.
La veille, il confie à un ami qu'il se sent en méforme et qu'il préfèrerait ne pas s'aligner au départ. Mais pour ne pas contrarier le Directeur du vélodrome, Henri WALLIEZ, il n'en fait rien paraître. Il va remporter la première manche, terminer second dans la deuxième, mais dix tours avant la fin de la troisième, Aubert WINSSINGUES produit son effort et vient à la hauteur de BONNEY au moment où celui-ci passe MARCHETTA, dans la sortie du virage de la ligne d'arrivée. A ce moment, BONNEY crève, casse sa roue et, en culbutant, renverse MARCHETTA. WINSSINGUES en troisième position, tente de passer, mais heurte les balustrades. Les trois entraineurs tombent également et une des motos vient faucher l'attirail du marqueur de tours. Immédiatement, les trois coureurs sont amenés à l'infirmerie du vélodrome. BONNEY, qui a eu l'arcade sourcilière gauche ouverte, et MARCHETTA, victime de quelques brûlures sans gravité, se tirent bien de l'affaire, et repartent le soir même pour PARIS. Aubert lui est transporté à l'Hopital de LILLE Saint Sauveur, où il ne reprend pas connaissance. Il souffre d'une double fracture à la machoire, une fracture du crâne et de l'épaule droite. Il est radiographié le lundi matin. Après avoir recouvré un court instant connaissance, juste le temps de reconnaitre sa femme et son fils Roger, il sombre dans le coma. L'opération du trepan n'est pas tentée par le Professeur LAMBRET.
Il meurt le Mardi 31 Mai 1932.
Le NORD et la FRANCE ont perdu un coureur de classe, si attachant et plein de promesses.
C'est une véritable foule qui l'accompagnera le vendredi 3 Juin 1932 de l'église du Saint-Sépulcre à ROUBAIX jusqu' à sa dernière demeure, au cimetière Municipal, et le deuxième convoi prévu pour recueillir les fleurs et plaques n'est pas suffisant pour recevoir tous les témoignages apportés ce jour là.
Camille FOUCAUX, son adversaire valeureux, est là, venu spécialement de la région parisienne. Et bien sûr ses camarades Nordistes VAAST, VANDERDONCKT, DECONNINCK, LENGAGNE, BOUCHER ...
N'essayez pas aujourd'hui de retrouver l'emplacement de sa tombe. La concession en est expirée.
Il ne reste d' Aubert WINSSSINGUES que ces quelques émouvantes photos, témoins d'une existence trop brève et si tragiquement achevée.
Alors, gardons le souvenir de ce coureur plein de mordant et d'adresse, qui dévalait avec une habileté étourdissante le "Trou du Diable", et méditons, en nous attardant sur l'expression de ce visage plein d'intelligence et de mélancolie, sur l'injustice du sort, qui nous a privé trop tôt d'Aubert WINSSINGUES, mort à l'aube de sa vingt sixième année, en accomplissant son métier de coureur cycliste, laissant après lui pour affronter l'existence une veuve et un fils de trois ans qui n'aura pas eu le temps de connaitre son père ...
Epilogue : Ce jour tragique de Mai 1932, son camarade Henri DECONNINCK l'avait remplacé sur un contrat qu'Aubert lui avait demandé d'honorer à sa place ... Cette même année, quelques mois plus tard, Henri DECONNINCK, l'autre grand espoir du cyclisme nordiste, télescope en course durant le Circuit de l' OUEST une voiture . Soigné à l'hôpital de BREST, il en ressort estropié. Le palmarès cet autre grand espoir s'arrêtera à l'année 1932, lui aussi ...
Je remercie tout spécialement Mr Philippe WINSSINGUES , son petit fils. Je remercie aussi Bernard DECONNINCK, le fils du camarade d'Aubert, le champion nordiste Henri DECONNINCK; Pascal SERGENT, pour avoir écrit l'ouvrage qui a été le point de départ de ce sujet; Etienne HAREL, qui a été un intermédiaire essentiel ...

pour l'éternité cycliste, ce portrait, réalisé aprè sa disparition ....
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