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J’ avais oublié, depuis ma venue en 2006 au Sportpaleis
d’ ALKMAAR, combien le lieu était particulier … Je n’avais plus surtout gardé en mémoire la « vibration » particulière de l’endroit … Vibration pouvant ici être pris aux sens propre et figuré, dans la mesure où quand les HONDA 400 des pacemakers entrent en jeu pour entamer leur ballet sur le plancher, et bien vous baignez alors dans un opéra de bruit métallique et d’ondes vibratoires, qui sont, vous en serez d’accord avec moi, des indices immanquablement évocateurs de notre discipline chérie …
L’endroit est bruitif donc, je viens de vous le dire … Et il est désormais, et ce pour trois années consécutives, le siège des Championnats d’ Europe … A ces heureux auspices vient s’en ajouter un autre : c’est en effet au sein de l’équipe de France, et au milieu de leurs confrères du sprint, de la borne, du Keirin ou des points, que nos stayers vont évoluer … Ca fait chaud au cœur : celui des intéressés, sûrement, le mien, certainement.

Compte tenu de la configuration de la piste, le braquet de 9 m 01 , et le rouleau à 1 m 20 seront de rigueur. Pourtant, une déception sert de prélude aux épreuves : nous apprenons le forfait du tenant du titre, le Suisse Guizeppe ATZENI, pour cause de blessure à la hanche, et du Belge Wim BEIRNAERT…. Pas le temps d’épiloguer … La première manche est emballée par Reinier HONIG, le Champion de Hollande, qui pousse des pointes sèches que je chronomètre à 13 sec. 2 au tour. Avec obstination, dans son style un peu ramassé, il garde le commandement à une cadence de forcené, jusqu’à 30 tours de la fin, moment choisi par l’ Allemand Timo SHOLZ, jusqu'ici en embuscade, pour le lui ravir. En ce qui concerne nos couleurs, Emilien CLERE, après un départ très crane dès la prise des entraineurs (il partait de de la pire des positions, la septième), qui le voit doubler le tchèque FALTUS et l’ Allemand VONHOF, va progressivement être étouffé par le rythme insensé imprimé par les leaders. Derrière SHOLZ et HONIG, l’ allemand VONHOF, énigmatique de facile placidité, se qualifie ainsi que le Suisse Reto FREY, qui décroche la quatrième place au prix de gros efforts … Exit donc Jan RAMSAUER, Richard FALTUS et Emilien CLERE …

Seconde Manche des qualifications ….Je n’avais jamais vu Peter JORG sur une piste jusqu’à lors … Et bien mes aïeux … Le bougre gagne a être connu … Le faciès rugueux, quasi- minéral exprime une volonté sans faille (çà y est, je me lance dans la psychologie de comptoir) … L’allure sur le vélo est compacte, empreinte de raideur …. Il ne se dégage pas du style de l’ Helvète une grande poésie … Mais Peter JORG va littéralement s’emparer de la manche, en tournant avec obstination et brutalité, , refusant de suivre les conseils de modération diffusés par son staff en bord de piste … En 6 tours, il fond sur Oliver VRCHOTICKY, parti pourtant sur les chapeaux de roue. Et quand Raymond ROL, très incisif, va le chercher, le Hollandais se mange un « retour » de derrière les fagots … Pour faire bonne mesure, il met tous ses adversaires à un tour, comme une punition … Derrière lui, tout le monde se tient dans le même tour : ROL, le champion d’ Allemagne SCHWARZER, le local Patrick KOPS, et notre champion de France David DEREPAS, ce dernier pas verni d'avoir écopé lui aussi de la pire des positions au départ. Pour les trois premiers nommés , c’est « opération coffre-fort » … Et David, qui va mettre KOPS sous pression pendant trente tours, ne pourra lui arracher la quatrième place qualificative, malgré une lutte émouvante …. Pour nos deux français, c’est la petite finale qui les attend ….
Elle est abordée avec vivacité par Oliver VRCHOTICKY, qui nous gratifie d’un duel de plusieurs tours avec le Suisse RAMSAUER, duel ayant pour but la prise de la position de tête …. Richard FALTUS, le Tchèque, a mis derrière lui rapidement Emilien CLERE … Il va s’essayer à un rapproché sur David DEREPAS, mais sans succès … Trois concurrents se tiennent en un tour : RAMSAUER, DEREPAS et FALTUS … Volontaire, têtu, Jan RAMSAUER conservera jusqu’ au bout son avantage malgré la pression constante que lui fait subir notre champion national … De son côté, Richard FALTUS verrouille sa troisième place … Emilien CLERE finit quatrième, à un tour de ce trio. Difficile pour les coureurs français de nourrir des regrets … Insuffisamment préparés, inaccoutumés à la piste, au bout du compte, il ne finissent pas loins des meilleurs .. Gageons que ce faible écart sera gommé un jour, et l’idéal serait qu’il le soit à l’occasion de la prochaine édition … Un coureur français au départ de la finale, çà aurait une de ces gueule ….

Richard FALTUS
La finale, justement …. Du spectacle, on va en avoir …. Et même du genre de celui dont on se passerait bien …
La tension est extrême quand à 21 heures, les stayers sont lâchés … Et de suite, elle s'exacerbequand Reinier HONIG dynamite la course … Au terme d’une lutte sauvage, qui va nous valoir des tours de piste à trois de front au virage, il s’empare du commandement … La course sent le soufre … Reinier (ne surtout pas se fier à son visage poupin, c’est un véritable lion) n’est pas un stayer élégant, et son style n’est pas franchement orthodoxe : il ferait penser plutôt à celui d’un routier. Mais au rayon efficacité, pardon : il en envoie !!! Et ce soir, drivé avec audace (trop ?) par le maître à entrainer qu’est Sam MOOIJ, il brûle littéralement les planches. Mais une fois VONHOF et SHOLZ mis à la raison, voilà Peter JORG qui rapplique au terme d’un déboulé extraordinaire … Peu après, Mario VONHOF attaque désormais le Hollandais, qui pour le plus grand plaisir du public déroulait jusqu’à lors avec autorité … Et puis Timo SHOLZ s’approche, redoutable, tel un oiseau de proie en maraude … Il pousse HONIG, vient à sa hauteur, et c’est parti pour un coude à coude de quatre tours – quatre, vous avez bien lu - … Nous sommes comme fascinés par cette bagarre, d’autant plus que Sam MOOIJ envoie des vagues dans chaque virage qui vous collent la trouille au ventre, vous pouvez m’en croire … Et comme si ce n’était pas assez, Peter JORG rapplique au terme d’un sprint bourru de forcené … çà devient hallucinatoire … Et l’attaque de Timo produit enfin l’effet recherché : HONIG accuse le coup ... Il recule mêle derrière Peter JORG au terme de l’échauffourée … Mais il ne s’avoue pas pour autant battu, le Hollandais, faites lui confiance ! Quel tempérament ! En forme d’hommage à son compatriote, Raymond ROL reprend le flambeau : de son allure de prince, il attaque le Suisse … Hélas sans succès … Pendant ce temps, devant, un « avion » survole l’anneau : Timo SHOLZ, qui fait ce qu’il faut pour que le trou se creuse derrière son dos . Pendant ce temps, Reinier HONIG se « rebecquete » petit à petit, et revient à petit bruit, comme une menace pour ses trois prédécesseurs. Mario VONHOF, l’air de ne jamais y toucher, de son style insinuant, occupe désormais la seconde place que lui dispute avec rage Peter JORG. Derrière eux, HONIG prépare visiblement une nouvelle attaque, c'est sûr …. Il monte de plus en plus haut à chaque tour aux balustrades … Se rapproche ... Et puis d'un seul coup, à 15 minutes de l’arrivée ... c' est le drame …. Le rouleau de la moto de Sam MOOIJ cogne un panneau de balustrade, probablement à cause de l’effet de porte à faux du rouleau … Et çà fait un "bang" sinistre … Sam MOOIJ plonge, et Reinier HONIG avec lui, sur une trentaine de mètres, à plus de 70 à l’heure, avant de percuter les balustrades des stands installés en bord de piste . Pétrifié … Chacun dans le vélodrome est pétrifié … Choqué … Et nous avons peur pour le Batave …. Car si Sam MOOIJ s’est relevé illico, jetant ensuite de dépit ses gants sur le sol, Reinier, lui, ne se relève pas … Il est tombé la tête la première . Il a le corps meurtri, lardé d’innombrables échardes, la bouche et le nez ensanglantés ... Non, m'sieurs dames, vous n'aurez pas de photos saignées ici : ce n'est pas le genre de la maison, excusez m'en, mais c'est et ce sera toujours comme çà ...
Un drôle de frisson, du genre de ceux dont on aime à se passer, parcourt le Palais des Sports … Au rayon « émotions fortes », l’on affiche « complet ». Et les commissaires prennent enfin une décision : à 10 minutes de la fin de la course, il décide de l’arrêter sur les positions acquises . Dommage que ces mêmes commissaires n’aient pas sorti le drapeau orange dans la première partie de la course, ce drame aurait peut être, en calmant les ardeurs excessives de certains, être ainsi évité …
Du point de vue strictement sportif, rien de pemet de remettre en cause les positions de chacun . Timo SHOLZ, stayer complet, stayer parfait,serais je tenté de dire, était bien le meilleur. Le discret Mario VONHOF et Peter JORG auraient sûrement eu à s’employer sur les attaques renouvelées de HONIG, mais rien ne permet de supposer qu’ils n’y auraient pas résisté.

Eric SCHWARZER avant le départ de la finale
Timo SHOLZ est bien l’incontestable Champion d’ EUROPE des stayers, (France DEMI FOND chosit bien ses favoris, non ?). Mario VONHOF aura sû, sans faire de bruit, se hisser sur le podium, Peter JORG payant quant à lui beaucoup de sa personne pour atteindre une troisème place mille fois méritée. Au niveau des recalés du podium, Raymond ROL aura fait tout ce qui était en son pouvoir pour peser sur le cours des évènements, et son mérite n’est pas mince … Eric SCHWARZER aura été bien transparent, et c’est une déception … Comment a-t-il pû battre SHOLZ et VONHOF pour le titre de champion d’ Allemagne ? Je me perds en conjectures à ce sujet ... Patrick KOPS se sera battu, comme à son habitude, avec un cœur énorme et un immense courage … C’était sa dernière course, et il l’a disputée pavillon haut, de tout son cœur. Bravo Patrick … Tu manqueras au demi-fond. Reto FREY enfin, le Suisse, a souffert quant à lui tout au long des débats et il s’est « arraché » pour ne pas sombrer … Dans une course d’un rythme aussi élevé, son mérite est grand de ne jamais avoir renoncé à se battre et souffrir alors que cette débauche d’effort ne lui promettait rien d’autre qu’une huitième place . … Chapeau …
Epilogue : Sam MOOIJ nous précise qu' après l'accident, Reinier a été transporté à l' hôpital, pour ôter toutes les échardes incrustées dans son corps ... Opération qui a prit deux heures et demi ... Sa lèvre a été blessée, mais il n'a pas été nécessaire de resuturer la plaie, les médecins ont utilisé pour ce faire une colle spéciale ... Le dimanche, il a commencé à marcher mais ses muscles étaient encore raides ... Chaque jour qui passe le voit recouvrer sa santé. Avec optimisme, on peut envisager qu'il puisse s' aligner aux Six Jours de DORTMUND, dans deux ou trois semaines , donc ... En ce qui me concerne, pas de dommages du tout, juste un peu à l'intérieur de la tête, mais tout revient très vite. La meilleure des médecines, c'était d'obtenir une satisfaction dans la course derrière derny ... Et avec Jos PRONK, on a fini troisième ...
Le lundi, Reinier adressait à FRANCE DERNY ET DEMI FOND ce petit mot : " Merci de prendre de mes nouvelles ... çà va mieux jour après jour ... Et çà aurait pu être toujours pire si j'avais chuté avec une moto derrière moi ...
Nos meilleurs voeux de rétablissement et à te revoir, gars ...
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Après la course, dans une atmosphère plus apaisée, nous avons retrouvé David DEREPAS, et discuté à bâtons rompus du Championnat d' Europe, bien sûr, mais de son avenir aussi ...

F.D.D.F : David, tes impressions après ces deux courses (la qualification et la Petite Finale) ?
D.D. : " En fait, çà c'est révélé très dur ... Je n'ai jamais tourné en demi-fond sur une piste en bois ... C'était une première pour moi ... Et ce d'autant plus que je suis actuellement, et celà depuis quinze jours, en pleine saison de cyclo-cross ... En fait, je n'ai pas fait de demi-fond depuis la réunion de DIJON fin Août .... Je suis surtout venu donc pour représenter le titre de champion de FRANCE et pour essayer de faire une place, bien sûr ... D'autant plus que finalement la préparation au cyclo-cross et au demi-fond se ressemblent un peu, ne serait ce qu'au niveau des scéances derrière derny ... C'est la cadence de pédalage qui m'a manqué un peu aujourd'hui .... Dans la qualification, on a manqué un peu de sens tactique au départ ... On a eu peur de ne pas suivre, vu ce qui s'était passé dans la manche précédente avec Emilien CLERE qui avait opté pour un départ rapide .... Ca nous a un peu freiné ....Et puis, à partir du moment où les positions ont été obtenues, chacun a verrouillé sa place et dès lors on ne pouvait plus passer .... C'est un peu rageant ... Car "il y avait la place", et d'ailleurs on a fini dans le même tour que les trois qui me précèdent ... La finale, elle était donc à notre portée ... Je ne dis pas que l'on y aurait fini dans les cinq premiers, mais on y avait notre place ...
Du coup, on a reporté nos espoirs sur la petite finale, en essayant de faire le maximum là aussi ... Pour cette occasion, on a carrément changé la tactique, et essayé de partir en tête .... Mais on s'est retrouvé derrière le Suisse RAMSAUER, qui très vite a cloturé sa position, et dès lors c'était fini ... "
F.D.D.F : Au niveau des sensations, tu étais mieux dans la qualification ou dans la petite finale ?
D.D : " J'étais mieux dans la petite finale, puisque j'avais eu dans la qualif' un premier contact de 30 kms avec la piste, et je commençai à attraper la cadence de pédalage ... Mais c'est vrai que pour être dans le coup pour ce championnat d' Europe, il aurait fallu s'entrainer à raison de deux scéances de demi - fond par semaine pour acquérir le rythme et arriver plus tôt sur place pour s'accoutumer à cette piste ... En fait, ce qui nous manque, c'est un vélodrome où l'on puisse s'entrainer à l'abri afin de préparer l'évènement. En cyclo-cross, on travaille bien en fonction du parcours du championnat, et en fonction de ses parties techniques ! Pour finir, d'autre paramètres sont entrés en jeu : aujourd'hui, on avait par exemple sur la piste un braquet qui n'était pas le même que celui utilisé sur les pistes en béton .. Tu vois, tu peux très bien attraper le bon coup de pédale, mais tu n'auras pas forcément le bon braquet ... Regardes les Hollandais : ils placent trois coureurs dans la finale, et ce n'est pas un hasard ... ils ont l'avantage de connaître la piste, d'être accoutumé à son rendement, ainsi qu'à d'autres paramètres comme la longueur du rouleau ... Aujourd'hui, il était à 1m20 ... Je n'ai jamais roulé derrière un rouleau placé à 1 M 20 .... "
F.D D.F : D'un point de vue personnel, 2008 sera fait de quoi pour toi ?
D.D : " C'est un gros point d'interrogation ... Non pas du point de vue de savoir si je serai encore sur le vélo : pour le cyclo-cross, pour le demi-fond, j'ai toujours été autonome. Mais pour la route, ce sera soit un club amateur qui me permettra de poursuivre mon activité sur route dans des conditions décentes, soit de trouver un arrangement avec une équipe pro, qui pourra me permettre de conserver le statut professionnel. Mais c'est de plus en plus difficile. Notamment à cause de l'âge ... La politique des équipes pros, c'est recruter des moins de 25 ans. Aujourd'hui, si tu as plus de 25 ans, tu es "bon à jeter aux chiens" .... Les places pour les plus de trente ans sont réservées aux "leaders" ... Et les contrats pour les autres sont de moins en moins élevés ... Celà fait qu'il y a de plus en plus de jeunes qui acceptent ces contrats là ... Ils peuvent, ils sont chez "Papa - Maman", leurs besoins ne sont pas élevés ... Ils ne se préoccupent pas trop de qu'ils vont gagner, ils sont grisés par le statut, "être un pro" leur suffit ... C'est malheureux ... Du coup, aujourd'hui, quelle que soit l'équipe, tu débutes en pro à 1000 / 1500 ? ... C'est pas beaucoup, et pourtant les places sont très très chères .... Par exemple, à ROUBAIX l'année prochaine, ils n'ont renouvelé que deux contrats, sur onze ... Et ils ne reprennent que des jeunes donc ... Le problème, c'est que du fait qu'ils n'ont pas un gros budget,, et compte tenu de leur statut d'équipe continentale, ils te proposent le SMIC ou rien ... C'est dommage, car j'aurais bien voulu évoluer une année encore dans le milieu pro, çà m'aurait bien convenu ... Je vais avoir trente ans l'année prochaine ... Je comptais faire deux années à ROUBAIX et puis boucler l'aventure pro pour me consacrer au cyclo-cross, au demi - fond, et accomplir quelques courses sur route pour un club amateur ... Ca fait trois ou quatre années que j' arrive à repousser cette échéance, là j'arrive presque à mon but. Ca fait huit ans que je suis pro. Et il me manque un an ... Dans ma tête, je me suis fixé cette échéance . 30 ans, c'est une bonne limite pour arrêter le statut pro ... En plus, il y a de plus en plus de gars de ma génération qui arrêtent ... Heureusement, le cyclo-cross m'a aidé à garder le moral ... Si je n'avais fait que de la route comme les copains, j'aurais déjà arrêté. Ceci dit, on ne sait jamais ... Il peut y avoir une opportunité de dernière minute ... Le premier Janvier, c'est dans deux mois et l'année dernière, à pareille époque, j'étais dans la même situation, et j'ai bien réussi à décrocher un contrat, alors ...
Pour l'instant en tous cas je reste très motivé pour ma saison de cyclo-cross. Et puis le cyclo cross m'aide à rester performant, c'est une bonne école ... Et tu vois quand je fais un peu le bilan, je vois peu de coureur qui, comme moi, peuvent prétendre avoir pratiqué toutes les disciplines du cyclisme ...
Et çà, c'est une belle satisfaction ... "
F.D.D.F : Pour conclure, tu comptes défendre ton titre de champion de France des stayers en 2008 ?
D.D : " Ah oui ! "
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