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CHAMPIONNAT D’ EUROPE DE DEMI-FOND au Sportpaleis d’ ALKMAAR
vendredi 17 Octobre 2008
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Bizarre comme un évènement peut se dissembler d’une année à l’autre, et ce alors même qu’il délivre un vainqueur identique.
Autant l’édition 2007 fût trépidante, enlevée, dramatique, même, autant celle de 2008 aura été du genre atone et absente de sensationnel …
Deux pics d’émotion cependant doivent quand même m’amener à modérer ce constat un peu brutal.
Une première image forte donc : à l'amorce du départ, avant l'appel, le coin des coureurs en bord de piste, tous rassemblés dans une sorte de no man’s land spatial et temporel …

Comme une saisissante image de chapelle, cernée par le tumulte vrombissant des motos entamant leur ronde ….
Et les visages de Timo SHOLZ et de Guizeppe ATZENI en disaient alors long sur leur détermination, leur envie, et, qui sait, leur appréhension ….

La deuxième se révèlera au terme de l’épreuve …
Je vous la garde pour plus tard …
La première manche, la plus relevée, sur le papier, délivrera
une vérité qu’il serait vain de délayer … L’élimination par
l’arrière était le maître mot du week-end, et les seules surprises vinrent des prestations des Hollandais VAN DER ZENDEN
et ROL, absolument souverains d’aisance,


derrière lesquels Timo SHOLZ et Guiseppe ATZENI
verrouillaient leurs places qualificatives …
Pour passer ce dernier rideau : mission impossible,
compte tenu du standing des monsieurs …

Mickael BUFFAZ et l’allemand BREUER s’y casseront les dents.

Grande alors est notre déception de constater que notre champion national n’a pû trouver sa place dans le carré d’as.
La seconde manche qualificative elle aussi va se dérouler
sur un mode bétonnant. Une guerre de placement de dix
minutes à peine, au cours de laquelle le Suisse Peter JORG marque son territoire, puis cent tours sans plus qu’aucun changement n’intervienne …
L’ accélération finale, alors que quinze tours restent à boucler,
du Suisse Mario BIRRER et d’ Antoine GORICHON n’y
changera rien …
Les places acquises par le Hollandais HONIG, le Suisse
JORG et les allemands VONHOF et SCHWARTZER
étaient inexpugnables. Reste donc à la délégation française
à rabattre ses ambitions sur la petite finale …
Dans cette dernière, mécontent d’être « passé à travers », l’allemand Christof BREUER va prendre d’autorité les choses
en main, Mickael BUFFAZ et Antoine GORICHON placés derrière lui … Le suisse Mario BIRRER va revenir se placer
dans le dos de BREUER vers le 90è tour, après avoir
surmonté un bref moment de dépression initial …
Une accélération du Suisse à 40 tours de l’arrivée se révèlera sans autre effet sur l’impavide germanique que de lui faire prendre le large, doublant dans la continuité de son action tous ses suivants, pour bien ôter toute idée de suspense à un public qui de toute façon en avait fait son deuil depuis un moment.

BREUER, avec cette victoire, prouve que son passage
à vide des qualifs n’était qu’une péripétie, et qu’il avait
sa place en finale.

La finale, justement, où la délégation germanique avec
SHOLZ, VONHOF et SCHWARZER paraît suffisamment étoffée
comme cela. A parité, les Hollandais avec HONIG,
VAN DER ZENDEN et ROL tiennent les clefs d’une course possiblement échevelée, s’ils ont la volonté de l'anîmer.
Dans le rôle d’observateurs- arbitres, les Helvètes JORG et ATZENI ont une carte à jouer, pensais je alors naïvement …
Mais encore une fois, la bétonneuse va ronronner à plein,
et seul un mélomane un peu allumé pourrait alors trouver
dans le spectacle de ce morne carrousel un quelconque
intérêt, en considérant le bruit d’escadrille d’avions à hélice lourds que distille l’endroit.
Côté émotion, il faudra l’incident moto dont est victime le pacemaker d’ ATZENI pour communiquer un peu de tension à la course, c’est vous dire ! … Soit dit en passant, il est bien pâlot, le Suisse cette année … Où est donc passé l’éblouissant stayer de la saison 2006 ?

Les tours défilent lorsqu’à 25 minutes de la fin, Timo SHOLZ, placé jusque là en troisième position derrière ses deux compatriotes, accélère insidieusement … 13’’5 le tour au
chrono illico …
Et preuve que tout ce beau monde ne devait pas être loin de son maximum, personne, sauf Rainier HONIG, placé idéalement derrière lui en embuscade, ne peut dès lors suivre.
La vérité de la course apparaît dès lors, et les masques tombent …
Exit le massif VONHOF et le souple SCHWARZER, aux commandes depuis un bail ...

C’est TIMO qui prend le commandement, Rainier HONIG
sur ses talons … Un peu plus loin, Mario VONHOF et le Suisse Peter JORG restent un temps dans le même tour.

A dix minutes de la fin, il ne restera plus que ces deux
hommes (je ne dirai pas « façe à façe », çà ne serait pas approprié en la circonstance), pour se disputer le titre Européen : SHOLZ et HONIG. Mario VONHOF, en suffocation
depuis quelques tours, sombre lentement …
Dans le virage opposé à la ligne d’arrivée, il se met même
en danseuse, à bout de douleurs posturales. Peter JORG, formidable lutteur a ravit la troisième place, et la défend de l’acharnement du Hollandais VAN DER ZENDEN, qui est au-delà de lui-même, à l’évidence.


Bref, tout ce beau monde est « au taquet ».
D’ailleurs, Raymond ROL et Guiseppe ATZENI ont
« bâché » depuis un moment ….
Quel dommage que le Batave ait affiché tant d’autorité en qualification, interdisant par là même tout espoir à notre champion national, pour se révéler aussi terne dans une finale où il n’aura fait en somme que jouer le rôle de serre-file.
A 5’ de la fin, Rainier HONIG se crispe, et tente un ultime
effort pour rogner ces maudits vingt à trente mètres qui le séparent du tenant du titre.

Timo SHOLZ, qui a des yeux derrière le dos, le repousse, de son allure princière …
Circulez … Il n’ y aura dès lors plus rien à voir …

Timo SHOLZ conserve donc son maillot de champion d’ Europe. Rainier HONIG est son dauphin … Peter JORG est un solide troisième … A défaut d’être prodigue d’émotions fortes, cette édition 2008 aura délivré un podium qui ne se discute pas.

Et même si le "spectacle" n’a pas été au rendez-vous,
comment ne pas être saisi au spectacle d’un Tim VAN DER ZENDEN à terre sitôt la ligne franchie, puis aux mains de ses

masseurs pour soulager de terribles crampes, de l’élégant SCHWARZER, grimaçant de douleur, d’un Mario VONHOF accablé de fatigue …

En 2009, ce sera encore à ALKMAAR que se dérouleront les
championnats d’ Europe.
Puisse l'édition 2009 être le théâtre d' un revanche pour
nos stayers français …
A propos ….
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F.D.D.F : « Antoine GORICHON, en deux mots, que t’ont inspiré ces deux journées passées au Sportpaleis d’ ALKMAAR ? »
A.G : « Bon … C’est d’abord qu’il y a vraiment un écart de niveau entre nous et les autres nations … Il va falloir travailler pour essayer de réduire cet écart … »
F.D.D.F : « Reconnais pourtant que dans la manche de derny, tu étais plutôt dans le coup ? »
A.G : « Oui, mais il y a quand même un niveau de différence … çà se voit qu’ils ont une pratique de la piste que l’on n’a pas … Sur l’échec, là, j’ai du mal à voir quelque chose de positif au terme de ces deux journées … »
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F.D.D.F : « Qu’est ce que tu retiendras de ces championnats
d’ Europe ? »
Mickael BUFFAZ : « Avant tout, une bonne expérience à l’échelon international … Malgré le fait que c’est le samedi
(jour de la manche de derny) que j’ai appris que j’étais malade,
et que c’est pour celà que je n’étais pas la veille à 100 % de
mes moyens … J’estime que le niveau n’est pas inaccessible,
et donc la conclusion, c’est que çà me tient à cœur de revenir l’année prochaine, pour leur montrer que les petits français, en demi-fond, pourraient très bien revenir et jouer les premiers
rôles … Le podium n’est pas inaccessible. Je ne parle pas de
la victoire, mais le podium est faisable »
F.D.D.F : « J’ai entendu dire que sur cette piste, il fallait avoir
« le coup de pédale du bois », et que les routiers comme toi n’étaient pas forcément à leur avantage sur la piste du Palais
des Sports d’ ALKMAAR. Tu le ressens ainsi ? »
Mickael BUFFAZ : « Non. D’abord, je n’ai pas beaucoup de références. Je n’ai pas trop alterné bois et ciment pour le savoir ou pas … Ceci dit, je veux bien les croire … Tu sais, quand on
ne connaît pas la spécialité sur le bout des doigts, il faut faire confiance aux anciens … Ceci dit, je veux bien croire que sur le béton, on serait moins désavantagés et … j’étais pourtant en très bonne condition … Mais revenir avec 100 % de mes moyens, simplement, je peux te dire que çà fera une grosse différence. »
F.D.D.F : « Et le derny ? (je remue le couteau dans la plaie). Comme Antoine, tu penses qu’il y a une classe d’écart entre
vous et les meilleurs spécialistes du genre ? »
Mickael BUFFAZ : « Bon, en derny, ce n’est pas inaccessible non plus, même si pour nous çà sera beaucoup plus dur, quoiqu’il en soit. Regardes, après le demi-fond, de tous les stayers un seul est allé en finale, et il n’a pas été au bout …
çà pose le problème … Ensuite, il y a que dans le derny,
pour moi, la maladie n’ayant fait qu’évoluer entre vendredi et samedi, j’étais au plus mal. A partir de là, je ne pouvais pas
me donner à 100 %.
Je ne peux pas tirer un bilan, j’étais dans un état physique lamentable … A l’échauffement, sur le SRM au niveau de la puissance, j’étais au dessus du seuil, et, au niveau de la fréquence cardiaque, j’ai tout juste dépassé le seuil de récupération … Tous ces paramètres là, sur un grand tour,
on ne s’en inquiète plus … Mais sur une course comme
celle là, où il faut avoir tous ses moyens, je savais que çà
n’irait pas … »

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RESULTATS
Finale
1. Timo SHOLZ (ALL) - entr. peter BAUERLEIN - 60,5 kms dans l'heure
2. Reinier HONIG (P-B) - entr. Bruno WALRAVE - à 0 t
3. Peter JORG (SUI) - entr. René AEBI à 2 t
4. Tim VAN DER ZANDEN (P-B) - entr. Cees STAM à 2 t
5. Mario VONHOF (ALL) - entr. Dieter DURST à 3 t
6. Eric SCHWARZER (ALL) - entr. Christian DIPPEL à 3 t
Ab :
Guiseppe ATZENI (SUI) - entr. André DIPPEL
Raymond ROL (P-B) - entr. Sam MOOIJ
Petite Finale
1. Christoph BREUER (ALL) - entr. Helmut BAUR
les 30 kms en 61,962 km/h
2. Mario BIRRER (SUI) - entr. Roberto PUTTINI à 0 t
3. Mickael BUFFAZ (FRA) - entr. Marc PACHECO à 1 t
4. Antoine GORICHON (FRA) - entr. Raymond PERSYN à 2 t
5. Oliver VRCHOTICKY (AUT) - entr. Thomas BAUR à 2 t
Ab. Luc VLOEMANS (BEL) - entr. André DERAET
1ère Qualification :
1. Tim VAN DER ZANDEN (P-B) - entr. Cees STAM
les 30 kms à 62,681 km/h
2. Raymond ROL (P-B) - entr. Sam MOOIJ à 0 t
3. Timo SHOLZ (ALL) - entr. Peter BAUERLEIN à 0 t
4. Guiseppe ATZENI (SUI) - entr. André DIPPEL à 0 t
5. Mickael BUFFAZ (FRA) - entr. Marc PACHECO à 1 t
6. Christof BREUER (ALL) - entr. Helmut BAUR à 2 t
Ab. Luc VLOEMANS (BEL)
2ème Qualification :
1. Reinier HONIG (P-B) - entr. Bruno WALRAVE
les 30 kms à 60,674 km/h
2. Peter JORG (SUI) - entr. René AEBI à 0 t
3. Mario VONHOF (ALL) - entr. Dieter DURST à 0 t
4. Eric SCHWARZER (ALL) - entr. Christian DIPPEL à 0 t
5. Mario BIRRER (SUI) - entr. Roberto PUTTINI à 0 t
6. Antoine GORICHON (FRA) - entr. Raymond PERSYN à 0 t
7. Oliver VRCHOTICKY (AUT) - entr. Thomas BAUR à 1 t
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